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samedi 24 janvier 2009

Tout en haut c'est mafieux


Des mois que, pris par la fin de mon dernier contrat à l'étranger, je me suis éloigné de ce carnet, tout en jetant régulièrement un oeil sur : "Mossieur Resse", "le Grincheux grave" , "Laloute" et quelques autres, dont notamment "Le jabiru" et "la lettre volée". J'ai donc gardé le contact avec ce qui se fait de mieux sur la planète blog, mais sans pouvoir trouver le temps de blogger moi-même.

Et puis pas très envie, vue l'actu, conforme à ce que j'annonçais sans mérite (je reçois la chronique Agora) depuis de nombreux mois, et surtout le bruit assourdissant, irrépressible, des médias pour couvrir la réalité boursière, bruits quotidiens dénués de sens sur les cours, surtout les rebonds (...sur BFMTV rebonds = euphorie même +1,2% après moins 6 et même pour la 15eme fois...) et le moins possible de recul sur 6 mois ou un an, recul qui seul a un peu de sens...mais au fond très peu sur 6 mois!

J'observe, d'ailleurs,à propos de l'actu, une certaine lassitude de mes préférés (cf. ci-dessus), lassitude sans doute liée à la crise et à la désespérance, lassitude que seules les imbécillités et forfanteries de la madone du Poitou parviennent à réveiller. Cette lassitude se manifeste notamment par des approches mineures ou musicales de la réalité (Resse) ou par des accroches sexy destinées tout autant à doper la fréquentation qu'à s'émoustiller pour un soir (car bonjour la recherche, n'est-ce pas Grincheux!).

Mais là,avec les délires qui entourent l'élection d'Obama et l'énorme attente hélas bien réelle des braves gens pas seulement Amérique, j'en peux plus. Tout ça pour un démocrate très républicain c'est-à-dire la droite de notre droite, juste avant l'extrême, bon, noir OK mais avant tout un type extraordinairement brillant pour un ricain et c'est pour ça, et inévitablement aussi pour ses nombreuses compromissions en cours d'ascension,qu'il est arrivé en haut du parti le moins à droite.

Bref, je me vois contraint de reprendre la plume et de prendre un demi samedi sur mon contrat (et oui quoique fonctionnaire, je travaille tous les week-ends depuis des mois... sans être payé plus donc) pour tout simplement gueuler (et je le sais gueuler seul, totalement seul, sur ce coup là comme sur bien d'autres).

Mais juste avant de gueuler, quelques précisions colorisées pour éviter toute ambiguïté : 1)Obama ressemble fort à mon fils en moins beau 2)ma fille et ma belle-fille, métis elles aussi, sont beaucoup plus belles et mieux roulées que Michelle, de même n'en parlons pas que Doudou, à pourtant prés de 55 ans. A propos, "Bon carnaval de Cayenne" Doudou, tu pars aujourd'hui de chez nous en Guadeloupe pour chez nous aussi en Guyane (on a fait 11 ans là-bas) et tu me reviendras inch Allah fin février, toute énervée et détendue par les piqué de la mazou.

Gueulons donc : les centaines de milliards que va emprunter Obama aux chinois et injecter dans l'économie américaine vont non seulement aggraver la crise d'endettement que nous vivons mais surtout terminer dans les poches d'une petite minorité mondiale de responsables de la crise, un petit groupe de privilégiés qui va récupérer tout (accaparer diraient nos sans culottes d'ancêtres) en même temps que les paris qu'ils font quotidiennement sur toutes les actions et sur toutes les bourses, dans les rebonds ou dans les crash des cotations.

Car tout le problème de la nocivité absolue du capitalisme financier pour ceux qui travaillent comme vous et moi est là : les très riches qui ne travaillent pas, se permettent plusieurs fois par an des plus values à très court terme de 100,500 ou 1000% quelles que soient la tendance des marchés (on est loin des 2,5% du livret A!) grâce à des paris autorisés (!) sur les actions, paris que l'on dit risqués (qui peuvent l'être), mais en fait très sûrs pour un initié restant froid et calculateur (pas people ou flambeur)

Il s'agit comme au casino de parier mais avec moins de risques. Si la valeur sur laquelle vous avez parié à terme ne réagit pas comme prévu, vous pouvez certes perdre votre mise, mais, dans le cas contraire et c'est souvent le cas pour les initiés... vous pouvez gagner 2, 3, 5 ou 10 fois la mise... contribuant d'ailleurs à faire évoluer les cours sans aucun rapport avec la valeur économique réelle des entreprise.

Si comme le petit Napo au grand fouk (vous avez vu comme il donne l'impression de se les remonter sans cesse ou comme, tellement grosses, elles semblent le gêner pour marcher) je souhaitais reformer le capitalisme financier international, promenant ma superbe et ma mégalomanie sur la moindre scène offerte par l'actu (il est fort là dessus quand même), je saurais ce qu'il faut faire :
Quand on achète une action, c'est normalement que l'on croit dans l'entreprise dans laquelle on investit. Pour "un capitalisme financier en phase avec l'économie réelle", il faudrait supprimer toute possibilité de pari au jour le jour sur les valeurs. Il faudrait être contraint d'acheter pour un délai minimum... à déterminer.

Voilà ce qu'en toute logique la droite internationale si elle croyait au discours de droite (l'économie libérale blablabla), devrait viser, mais la droite tout en haut, bien plus haut que petit Napo, juste au dessus de Barak, c'est mafieux et ça commande à tous, même à Barak.

Moi, je le rappelle, je suis d'extrême centre, économie de gauche et sécurité et ordre public de droite, c'est-à-dire totalement seul et ne votant jamais (jamais de candidats d'extrême centre sauf Bayrou extrêmement centriste).

vendredi 12 octobre 2007

Simplisme droitier


Je constate autour de moi que tout un chacun même de gauche est contaminé par les idées simplissimes de la droite libérale. Ainsi l'idée que l'augmentation de l'espérance de vie justifie l'allongement de la durée de cotisation pour la retraite s'impose-t-elle comme une évidence même auprès des ouvriers...

Il y a deux ans, c'est dire si on a bien fait de "m'égaliser", moi le serviteur de l'Etat, à 40 ans de cotisations au lieu de 37,5 puisque cette année là, nous avions gagné deux ans et demi d'espérance de vie à la naissance, rien que depuis 1994.

Nous avions même gagné, 12,5 ans depuis ma propre naissance en 1947 et 7,5 ans depuis mon entrée dans la fonction publique en 1966, date à laquelle je croyais signer à un salaire certes minable mais pour la sécurité de l'emploi, le travail d'intérêt général et des vacances finales au bout de 37 ans et demi.

Au rythme actuel d'amélioration de cette espérance, Fillon s'apprête sans doute à nous taxer d'un trimestre chaque année, en ce qui concerne le début, sans cesse reculé, de ces vacances finales.

J'ai juste tapé "espérance de vie" sur Google (ce qu'il faut toujours faire en face des édits d'industrie du simplisme droitier). J'en ai tiré en deux secondes deux réflexions fort utiles

1) L'allongement de l'espérance de vie ne se fait pas uniquement par allongement des vacances finales, elle se fait aussi par diminution de la mortalité aux âges intermédiaires ou infantiles, ce qui, soit dit au passage augmente automatiquement la masse des cotisants et la durée moyenne de leur activité donc le montant des cotisations. Bon d'accord après des progrès énormes sur la mortalité infantile (ce qui équilibre les régimes !) c'est surtout, ces toutes dernières années, sur les vieux chnocs qu'on fait des miracles médicaux mais il faut reconnaître du même coup qu'ils ne sont plus très opérationnels et qu'il faudrait leur calculer une espérance de vie en pleine possession de leurs facultés...ce qui pour beaucoup interdirait de dépasser 60 ans...

2) A 60 ans, un ouvrier a une espérance de vie inférieure de cinq ans à celle d'un cadre de l'industrie (ne parlons pas de celle d'un feignant comme moi) comment fait-on ?

Permettez que j'ajoute à ces deux remarques objectives une de mes provocations extrêmes centristes

Tout cela part du postulat que l'allongement des vacances finales est payée par les salariés eux-mêmes et laisse les comptes de l'entreprise ou du service public (employeurs et bénéficiaires) en dehors des "égalisations" successives liées à cette progession de l'espérance...

...moi pas !

mercredi 3 octobre 2007

Le trou de la sécu ? Libéral mon Fillon

putain déjà l'automne!
Va falloir que je prenne mon anti grippe!

On finit par avoir mauvaise conscience, on pense au trou de la sécu !

Abyssal qu'il nous dit le Fillon, puits sans fond de l'inflation des charges sociales qui plomberait la compétitivité des entreprises françaises...et d'y aller, pour l'équilibre, de franchises diverses qui pour l'instant ne font pas très mal, même à un gros consommateur (et cotisant) comme moi, mais qui ont pour seul objectif de faire rentrer, par le biais du plafond, les remboursements de toutes natures dans le périmètre de la régulation "à la main" par les Fillons de demain, car l'actuel, quant à lui, va vite en prendre plein la tronche à surenchérir sur le vitaminé président.

Jamais on ne parle des choix politiques et sociaux qui fondent la sécurité sociale et surtout du détail des flux...

Réfléchissez amis blogueurs à ceci, très simplement, sans insister, juste pour voir comme ça tourne la tête (à gauche) :

1) Le système français d’assurance maladie bénéficie d'un financement collectif, puissamment solidaire, qui assure la meilleure santé possible de tous (et au fond la meilleure consommation libérale et la meilleur activité libérale qui soit, la bonne forme des salariés et qui contribue ainsi à la productivité et à la croissance ?...Il est en déficit pas si terrible en pourcentage

2) côté dépenses, tout cela finit, hors partie publique de l'hôpital public (les salariés), dans les caisses d'un système de soins essentiellement libéral, qui vit dans une certaine opulence que l'impôt direct sur les revenus ou sur les sociétés ne semble guère rééquilibrer ?

Nos cotisations sociales sont aussi les recettes des médecins, chirurgiens, pharmaciens, laboratoires pharmaceutiques, industriels des appareillages médicaux, chirurgicaux dont la fortune semble souvent disproportionnée non ?

Le trou de la sécu ? Quand le visite-t-on ?

samedi 22 septembre 2007

Fillon en faillite


Fillon s'est fait une spécialité, depuis déjà plusieurs années, d'appeler l'augmentation de la dette publique au secours de la réaction de droite. A la rescousse d'une incapacité fondamentale à expliquer scientifiquement, en quoi les dépenses publiques sont devenues le mal absolu, justifiant tous les reculs sociaux et l'abandon du service public. Alors on utilise l'image négative et simpliste de l'endettement que par ailleurs on encourage pour les ménages.

Et c'est en permanence rabâché, martelé, le gros mensonge de la fable de l'endettement de nos enfants, de l'hypothèque de l'avenir, du plombage des générations futures, la fable du bouc émissaire, le conte du vieux gourmand de retraité en train de se goinfrer le pain des jeunes.

En Corse, il est passé à la vitesse supérieure, il est vrai pour stopper par une image forte (de café) les revendications des gourmands de la terre, les paysans subventionnés. L'Etat français serait désormais en faillite.

C'est le moment de refaire un peu les comptes et un peu de benchmarking.

La dette publique correspond à l'ensemble des emprunts contractés par l'état, les collectivités locales et la sécurité sociale pour couvrir les dépenses (salaires, achats de prestations, fournitures, grands travaux ou immeubles, subventions, participations - on voit déjà que tout n'est pas mauvais pour nos têtes blondes ou crépues -) que les ressources perçues par les impôts et autres taxes ou cotisations ne couvrent pas.

C'est le déficit public, jadis enseigné en sciences éco comme un outil bien banal, bien Keynésien, de relance des activités et de la croissance. Bordel ça se complique, cette affaire de générations futures...

En plus, à la différence d’un ménage, les administrations publique, n’empruntent généralement pas auprès d’une banque, mais émettent des titres, des obligations, sur les marchés, titres qui sont aussi des valeurs au sens boursier du terme et font l'objet d'une activité "transactionnelle".

La France se distingue-t-elle particulièrement par son endettement ?

Pas du tout les gars (et les nanas)
:

la dette publique des principaux pays de la zone euro et des autres pays du G7 est tout a fait comparable. Elle se mesure en part dans le PIB en % (en points de PIB) dont les "sans foi ni loi ni bulletins de vote" de Bruxelles ont fixé la norme à 60 (pourquoi pas 50 ou 75 ou 100 ?).

Ainsi en 2005 la France est à 76,5 points quand la moyenne de la ZONE euro est à 77,5...en faillite toute la zone euro ! La moyenne de l'OCDE est encore plus alarmante selon Fillon 77,7 en faillite l'OCDE !

Les bons élèves allemands sont à 69,6, quant aux italiens (dont on sait qu'ils ne sont en général pas très malins...), ils caracolent dans l'insouciance généralisée, au double de la norme à 121,4.
L'Espagne est un bon élève mais rattrapable en un an à 50,4. Les Pays-Bas sont à 62,8, la Belgique - et là, il fallait s'y attendre - en faillite à 98,3! Les anglais n'ont aucun mérite à se situer à 47,2 après avoir foutu en l'air leur système de santé et leur fonction publique. En plus, comme toujours ces réputés fair play, ils trichent sur les stats du public ou privé, comme les USA champions du changement permanent des modes de calcul des statistiques et du mélange des genres, mais qui sont quand même à 64,1.

Pour finir ce fastidieux palmares, le très raisonnable Canada est à 69,3, quant au Japon, il se fait Hara Kiri à la dette avec 172,1 ! Le Japon champion et accro de la faillite...

Certes l'endettement a partout explosé depuis le début des années 80 (multiplication par 3 en points de PIB), mais l'endettement public c'est en partie (une partie très importante) ce qui permet de financer des dépenses d'investissement qui constituent le principal multiplicateur de la croissance et parmi elles des dépenses indispensables que l'initiative privée ne pourrait assurer (défense, sécurité…).

Certes les dépenses de fonctionnement ont progressé plus vite que les dépenses d'investissement mais là encore il y a un effet de multiplicateur par la consommation et par les revenus, dont on mesure l'énorme impact économique sur le commerce et l'industrie (aussi les importations chinoises certes) et qu'il faut se garder d'accuser de tous les maux...

Voyons de plus près le budget (Source : Projet de Loi de Finances 2006)
LFI 2005 PLF 2006
Titre 1er. Dotations des pouvoirs publics 855 millions 871 millions
Titre 2. Dépenses de personnel 114 milliards 118 milliards
Titre 3. Dépenses de fonctionnement 30 milliards 32 milliards
Titre 4. Charges de la dette de l'état 42 millions 39 millions (Intérêts)
Titre 5. Dépenses d'investissement 13 milliards 13 milliards
Titre 6. Dépenses d'intervention 148 milliards 130 milliards (subventions !)
Titre 7. Dépenses d'opérations financières 34 millions 232 millions (prêts, avances, participations)
Total 350 milliards 334 milliards

Voyons le détail du titre 6 Dépenses d'intervention
Transferts aux ménages 35 milliards 34 milliards
Transferts aux entreprises 88 milliards 72 milliards Transferts aux collectivités territoriales 7 milliards 7 milliards (redistribués!)
Transferts aux autres collectivités 15 milliards 15 milliards
Appels en garantie 125 millions 278 millions

Voilà qui change tout Mme Chabod. Au fond et basta pour la dose normale, le budget et la dette terminent dans les chiffres d'affaires des entreprises dont on verra une autre fois qu'elles ne contribuent pas autant qu'elles devraient aux prélèvements obligatoires alors qu'elles le pourraient sans perte de compétitivité irrémédiable.

Au fond, Fillon est un gros menteur !.... Qui prend les français pour des strumpfs...malheureusement, sur ce point... il a raison.

jeudi 16 août 2007

Quand Santini nous enfume !


La France détient, selon André Santini, "le record mondial" de la proportion de fonctionnaires dans la population active. Cette part culminerait à "24%", ce qui n'est "pas normal", estime le secrétaire d'Etat chargé de la Fonction publique.

J'ai cherché vainement sur internet des statistiques internationales officielles sur ce sujet (l'OIT y renonce explicitement sur son site : donnés trop différentes, incertaines). Comment il fait le dédé pour nous donner la palme d'or et nous déclarer ains hors normes. Les normes de qui ? De l'amicale des fumeurs de cigare ?

Au hasard, parce que je suis tétu même si je n'ai pas le temps, je tente le Danemark, un modèle de plein emploi et de solidarité, et je trouve, dés la première page de google, une étude donnant 31% de salariés payés par un organisme public...dont un grand nombre il est vrai sans sécurité particulière de l'emploi (du moins en théorie car il n'y a pratiquement pas de chômage).

J'essaie un autre pays réputé pour sa réussite économique et son libéralisme, les pays bas et je trouve, cette fois dés les premières lignes de google, une étude dont cet extrait :
"Aussi, pour appréhender la notion de fonction publique aux Pays-Bas, il convient de privilégier une approche fonctionnelle : les agents publics sont ceux qui travaillent dans le secteur public. Mais plusieurs définitions coexistent : - la première définition est relativement restrictive : elle n'englobe que les agents travaillant directement pour les ministères, les provinces et les communes ; ces agents ne regroupent que 3,4 % de la population active, soit environ 950 000 personnes ; - cette notion peut toutefois être élargie à l'ensemble du “ service public ”, incluant notamment les magistrats, les militaires, les enseignants et le personnel des agences créées en 1994 : les agents publics représenteraient alors 11,4 % de la population active ; - si l'on ajoute à ce chiffre le personnel de l'ensemble des institutions bénéficiant de fonds publics et travaillant pour le service public, on parvient néanmoins à un total de 26 % de la population active néerlandaise, soit un niveau comparable à celui de la France.

Pas besoin d'aller plus loin Santini est la plus grande gueule de la sphère politique. Il sait qu'en parlant fort et faux il en reste toujours quelque chose. C'est chez lui une façon d'exister.

Pendant ce temps, sur le fond, la question (s'il y a question) se limiterait à des redéploiements voire à à un léger ajustement global à 22% ou 24 (!) ou 26% ou aller 20%; ce serait bien on passerait de 1 sur 4 à 1 sur 5 ? En fait, il faut s'en foutre de ce que dit le dédé, et du nombre de fonctionnaires et du déficit budgétaire à pas plus de 3% décrété par Bruxelles), le problème de la France n'est certainement pas là.

A propos des dépenses publiques et de l'épouvantail de la dette, je vous renvoie à un petit chef d'oeuvre d'intelligence de Léon prof d'économie en retraite sur agora vox.

lundi 13 août 2007

10 gagnants à la super cagnotte de 200 milliards d'euro ce week-end


Copiant en cela la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne allonge des montagnes de crédits à destination des banques européennes : 155,85 milliards d'euros jeudi et vendredi dernier, 47,66 milliards d'euros ce lundi, soit plus de 200 milliards d'euro-cagnotte autour du week-end. De quoi voir venir pour les heureux bénéficiaires...

Explication lapidaire des medias : il s'agit de faire face à la pénurie de liquidités due à la crise du crédit à risque aux Etats-Unis...Ah, bon ! J'aime mieux ça...

ça s'appelle de l'info à haute valeur ajoutée mais bien compactée pour les strumpfs...

En fait, si on essaye de décrypter : on casse une cagnotte de crédit pas cher, en urgence, pour aider les banques européennes, placées en bout de chaîne d'une sorte de chateau de cartes du crédit immobilier américain, à continuer à soutenir les cartes incertaines qu'elles y ont placées.

En somme la banques des banques, qui a totalement échappé à notre contrôle en Europe rappelons-le, et qui est pour tout le reste farouchement non interventionniste, prête aux banques "d'affaires" pour les aider à soutenir leurs achats hasardeux de papiers douteux, obligations basées sur des fonds de regroupement d'emprunts hypothécaires.
Le principe de ces fonds est d'être constitués (et ainsi de consolider) des emprunts hypothécaires à risques normaux et des emprunts hypothécaires à risques anormaux, leur valeur est donc fondée, pour la plus mauvaise part des emprunts, sur des prises de risques insensés avec des particuliers américains complètement fondus, financièrement parlant, et dont une partie sont rapidement devenus insolvables comme prévisible. Il est vrai qu'on ne leur avait rien demandé au départ sur leurs revenus, leur endettement etc...et qu'on comptait sur leur génie des affaires... voire sur leurs fructueuses spéculations à l'abri de la flambée (terminée) de l'immobilier.

On résume, on a brassé et fait du profit sur du "rien" et la BCE aide à continuer...

Il y a vraiment de quoi ricaner : Le capitalisme pris en flagant délit d'interventionnisme massif... au profit il est vrai, des plus puissantes et des plus libérales (au sens ici de libéralités) de ses institutions privées, les banques d'affaires. L'argent d'Etat (incontrôlé désormais!) au service de l'argent purement privée..le fin du fin ou le début de la fin ?

Tout cela est à l'image de la planche à billets verts qui depuis 1971 tourne sur des illusions d'optique, sur le bidonnage de la bonne santé de l'économie américaine qui ne tient que par l'exportation de ses déficits, facilitée par son hégémonie politique et militaire...

Les chinois et les indiens en ont plein leurs banques centrales de ces papiers verts sans valeur réelle. La Chine en aurait entre 1000 et 2000 milliards. L'avenir là encore est entre leurs mains...

ça craint!

samedi 30 juin 2007

La main invisible de dieu (suite)


Beaucoup d'actualités sur lesquelles revenir aujourd'hui mais le temps manque alors en bref et en vrac :
La confirmation en appel de l'amende record infligée par le conseil de la concurrence aux opérateurs téléphoniques français : 534 millions d'euros. C'est bien mais ce n'est pas suffisant car museler la main de dieu en se concertant sur le dos du consommateur devrait valoir l'équivalent économique de la main coupée des voleurs d'antan quelque chose comme l'avenir économique coupé pour les dirigeants par exemple l'expropriation au profit des employés...
La libéralisation du marché de l'électricité et du gaz ...surtout n'optez pas, restez accroché au tarif public...je sais, on vous fait des prix d'appel et vous n 'allez pas résister à l'appel du libéralisme...tant pis on vous rançonnera plus tard...
Enfin résumant l'ensemble de l'actu : l'enrichissement sans cause des plus riches des français entre 1998 et 2005 : + 32 % pour les 0,1 % les plus riches (35 000 foyers), + 42,6 % pour les 0,01 % (3 500 foyers). Pendant la même période, le revenu moyen a augmenté de 5,9 %, soit 0,82 % par an, moins que la croissance du PIB ou même du PIB par habitant...la main invisible de dieu...saaalope !

jeudi 28 juin 2007

603 200 euros !

St-Phy l'ancien
Tel est le prix d'un exemplaire des "Fleurs du mal" dédicacé à Delacroix par Charles Baudelaire ! L'occasion d'un coup de gueule anticapitaliste!
Ce prix intègre évidemment la surcote liée à l'excès de liquidités et l'enrichissement sans cause et sans frontière qui caractérise le capitalisme financier mondialisé.
Celui-ci, détaché du concept de production, sans référence monétaire attachée aux réalités est tout entier contenu dans le commerce sans vergogne et sans frontière des actifs, ce dernier rendu plus fluide et plus expansif encore du fait de la politiques monétaire américaine où la planche à billet fonctionne à plein, sans limite.
Ce nouveau capitalisme est au fond un super casino boursier ouvert à tous mais surtout aux grands voyous du monde, des dirigeants de fonds de pension aux mafieux russes ou colombiens. Les gains les plus considérables et les plus instantanés s'y ramassent sur tapis vert, à la corbeille, sur les creux de la navigation des actifs. Plus aucun lien avec la performance et la valeur économique de l'outil de production dans tout cela. Uniquement des stratégies de spéculation à court terme, du surf boursier, de micro creux en micro creux...
Pendant ce temps, il est du dernier chic dans le monde des blogs, même (surtout) dans ceux de grande renommée, de dauber sur ceux qui croient encore que la voie actuelle, la voie libérale n'est pas la bonne et qui se battent, sans trop d'espoir il est vrai, pour l'injection d'une bonne dose de collectivisme et de gouvernance dans tout cela.

Pour revenir aux fleurs du mal et la valeur de la poésie, ci-après un vieux rap de ma composition mais que je ne sais pas par coeur malgré sa simplicité extrême. Imaginons que ce soit l'oeuvre de St-Phy l'ancien (cf.photo)... si d'aventure je le perdais, je serais capable de le racheter... allez... 30 000 euros...valeur de la poésie la plus chère au coeur d'un amoureux de la poésie. La sur cote est donc de 20 fois cette valeur...comme pour certains actifs que se rachètent fiévreusement nos joueurs de casino ?

AU NOM DU BIEN QUE J'AIME

Je vous bénis les miens au nom du bien que j'aime,
Au nom de la patience avec les jours du temps,
Au nom des vieux d'antan, sans histoires partant,
Pour plus rien à jamais, en paix avec eux-même.

Je vous bénis au nom des anciens habitants
Des lieux où il fait dur et du très long poème
Qui fleure en même temps l'ouvrage et la bohème;
Où l'âme de l'auteur est pensée tout autant.

Je vous bénis chair de ma ma chair, mes chers mutants,
Tel un homme planté dans la terre et le temps,
Au nom des hauts espoirs et du bonheur suprême,

Au nom de vos enfants, que durent leurs printemps,
Que leur vertu soit plus robuste et plus longtemps,
Qu'ainsi leur soit donnée l'humanité extrême"


Henri Claude St-Phy Cayenne samedi 4 juin 1994

"Et j'ai tourné le dos aux dominateurs, lorsque je vis ce qu'ils appellent aujourd'hui dominer : trafiquer et marchander la puissance - avec la canaille!"

mercredi 6 juin 2007

Les HSF , "Heures Supplémentaires Franches" l'occasion d'une nouvelle vilainerie hollandoise

Les médias transpirent depuis quelques jours, d'articles laborieux mais néanmoins savants, sur le manque d'intérêt de la mesure qui consiste, pour faire court, à "détaxer ou décharger" les heures supplémentaires, pour les salariés totalement, pour le patronat partiellement, et y compris en matière d'impôts sur le revenu (gros débat sur ce point?)...

Je suis peu intéressé personnellement par cette nouvelle franchise, dans la mesure où j'appartiens, depuis de nombreuses années, à la catégorie des cadres administratifs surpayés (1,5 fois leurs subordonnés!!), mais taillables et corvéables à merci...si, si.

J'explique : on ne me paiera jamais les 3 ans d'heures supplémentaires ou samedis et dimanches(à peu près) effectuées sur l'ensemble de ma carrière et de mon oeuvre, sous la seule pression... de ma conscience et du souci du travail bien fait... malgré la baisse des effectifs.
Et je ne suis pas une exception, j'ai hérité du carnet de gestion du temps de l'un de mes prédécesseurs, sur mon poste le plus engagé : il en faisait le double, travaillant presque toutes les nuits...oui, oui.

Malgré cela, je trouvais la mesure des " heures sup franches" socialement intéressante, je veux dire pour le collectif, pour la société dans son ensemble...et bien qu'elle fut proposée par Sarko dont je combats le tatcherisme.

Et bien non dis donc!! Selon François Hollande la mesure serait une nouvelle diablerie bleu nuit. Elle serait susceptible d'effets pervers variés et avariés, capable de convertir tout un chacun à la fraude, porteuse de maléfices puissants entravant d'emblée les très éventuelles velleités d'embauche... et là, c'est le bouquet, pleine de biais et de travers, en matière d'égalité devant l'impôt (notion qui en a déjà pourtant pris plein la tronche et ce n'est pas fini).

Pas près de revoter moi et mon extrême centre, avec ces gauches vilaineries !

mardi 5 juin 2007

Tripler le budget de la justice ne coûte rien !

Nonobstant mon opposition radicale à la tatcherisation à la française qui se met elle aussi en route, j'ai comme tous les français en ce moment un vague espoir que Sarko fera bouger certaines choses dans le bon sens, comme par exemple tripler ou quadrupler les effectifs et le budget de la justice. Ce sont évidemment les coups de couteau reçus par le juge de Metz qui me conduisent à revenir sur ce sujet.

Encore une fois je rappelle que tripler le budget de ce ministère, ça ne coûte rien (à part les prisons qu'il faudra en plus mais on trouvera la solution), il suffit de prélever sur tous les corps de contrôle... 100 fois plus nombreux et riches et qui deviendront, du fait de cette réforme, dix fois plus dissuasifs...

De grâce que quelqu'un me pique cette idée que je rabâche sans succès dans mon milieu professionnel depuis 15 ans!!!

Pour revenir au début de mon propos sur la tatchérisation en marche, on peut aussi peut-être nourrir l'espoir encore plus ténu ,qu'ils (les "bleus nuits" de Mme R, elle est impayable!) trouveront, en cours de route, que c'est pas mal d'être populaires, que c'est pas mal d'être franchouillards, et qu'ils vireront un poil à gauche donc au centre, comme la gauche au pouvoir vire un peu à droite...Bayrou n'a pas le pot : il est à la bonne place mais tout le monde veut y être !!

dimanche 27 mai 2007

La main invisible de dieu dans le calebard du grenadier!!


Vous avez remarqué...j'ai survécu à ma montée de temps de Quick !!

Dans ce monde ou chacun semble avoir succombé au charme discret de l'infaillible dextérité de la "main invisible de dieu" à répartir opportunément les facteurs de production et les ressources (il suffit de regarder merde; l'habileté du gracieux barbu est tellement évidente !!), il devient incongru d'essayer de recompter, d'émettre un doute sur le système. La sanction est immédiate : quel est cet affreux ringuard ? un communiste ? un soixantehuitard attardé ?

Non les gars...bien pire un commu...nard!! Prêt à en découdre...

J'avais promis de revenir aux comptes de la nation et j'y reviens, je ne perds pas mon fil!

Nul ne me contestera que la gestion de l'essentiel de nos emplois (de nos licenciements) est uniquement dictée par les exigences des actionnaires, des fonds de pension, les gouvernements de droite comme de gauche se désengageant de cette régulation (l'état ne peux pas tout faire dixit Lionel Jospin ex premier démissionnaire).

Or, qu'est-ce qu'un gros actionnaire sinon un type dont le seul mérite est d'avoir eu l'argent pour avancer la corde des 200 granadiers de mon vieux pote Pierre-Joseph ! C'est-à-dire un usurpateur !!

J'explique... avec un rappel de la fable de Pierre Joseph qui tient en deux phrases ? "Deux cents grenadiers ont en quelques heures dressé l'obélisque de Luqsor sur sa base ; suppose-t-on qu' un seul homme, en deux cents jours, en serait venu à bout ? Cependant, au compte du capitaliste, la somme des salaires eût été la même." Pierre Joseph Proudhon.

Simplissime mais limpide et toujours vrai n'en déplaise au barbu et à sa main, invisible fouille merde.
Mettez-vous bien ça en tête : payer un travailleur 200 jours, c'est pareil que payer 200 travailleurs un jour mais le résultat n'a rien à voir, la différence s'appelle en majeure partie (mise à part la corde avancée qui n'est au fond que du travail accumulé) la force collective de travail. Et le système repose sur son appropriation par l'actionnaire, le capitaliste.
Encore une fois, basta avec la corde qu'il a fallu avancer, car l'ouvrier, seul avec la corde de 200 mètres, ne sert à rien; en plus, groupés, mutualisés, les ouvriers peuvent se l'emprunter, la corde. Il y a donc bien là une force collective, sociale, mutualiste, gigantesque, qu'on vole aux ouvriers. Il n'y a pas d'autre mot pour ça, c'est du vol, du vol à capitalisme armé.

Merde ça fait du bien de se sentir vivant et anar et jeune...

vendredi 18 mai 2007

La main invisible de dieu dans la culotte du délinquant en col blanc !

La création d'un ministère des comptes m'incite à créer une nouvelle catégorie dans mes billets : la catégorie "comptes de la nation" et à conseiller au nouveau ministre de recompter.

Mon premier billet du genre, concernera les fonctionnaires, dont François Fillon va supprimer un grand nombre, par non remplacement des départs en retraite, et ceci immédiatement et en commençant par Bercy.

Je voudrais attirer l'attention, à cet égard, et si tant est que mon blog attire quoi que ce soit, sur trois constats, venant au débit ou au crédit du même compte pour former une même approche comptable et concrète de l'économie...

Le premier constat, c'est que dans un monde ou la théorie économique dominante est la théorie libérale, un monde où la main invisible de dieu est censée, à partir de la somme des recherches personnelles de l'intérêt individuel, générer miraculeusement l'intérêt général ou social, le comportement pro concurrentiel des entreprises, qui est à la base du raisonnement des nombreux adeptes d'Adam Smith, est le comportement le moins naturel qui soit, le moins répandu.

Mises à part quelques velléités initiales des créateurs de nouvelles entreprises, le réflexe le mieux partagé, le plus naturel entre entrepreneurs parvenus, installés, est de se concerter, de s'entendre pour se répartir le marché et d'en limiter ou interdire l'accès aux nouveaux venus. Autrement dit au passage, la main invisible de dieu s'égare dans la culotte du délinquant en col blanc.

2ème constat, que vous pourrez vérifier par lecture du journal officiel, en cas de concertation prohibée par le droit de la concurrence, les atteintes à l'économie sont colossales : d'un milliard d'euros pour les ententes les plus nocives à un minimum de 30 millions d'euros pour une entente régionale entre grandes surfaces

Évidemment les sanctions prononcées sont inférieures au dommage à l'économie ou aux profits illicites et souvent de la moitié, voire des 2/3 (500 millions dans le 1er cas, 9 dans le second)...ce qui encourage les entreprises à recommencer...

3ème et dernier constat pour aujourd'hui : les fonctionnaires qui ont travaillé sur le cas des grandes surfaces ne doivent pas être plus d'une dizaine et ont été mobilisés disons pendant 1 mois en moyenne, ce qui fait un coût chargé annuel de 2 millions d'euros...

Mon compte est très simple : c'est 2 millions d'euros dépensés pour éviter au minimum 30 millions d'euros de dommages à l'économie et faire rentrer 10 millions d'amende. ça vaut le coup !

Voilà un type de fonctionnaire dont la suppression coûte cher, la seule question à se poser étant de leur faire sortir au moins une affaire par an...pas trop difficile

La prochaine fois je parlerai (reparlerai) du coût des juges...